Nouvelles lesbiennes (Version numérique)

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Huit nouvelles écrites entre 1984 et 2015.

Des petits morceaux de vie, tous issus de mes expériences de lesbienne.

L’amour,
la nuit,
la solitude,
les hommes,
la mort,
le handicap.

A lire, lentement. Une chaque soir. A méditer.

Catégorie :

Extrait 1

Les femmes blondes que j’ai aimées m’ont toujours fait penser à des anges. Des anges chus du ciel. A la Fra Angelico. Quelque chose de féerique en somme. Anita aussi est comme descendue d’un nuage. Je dis qu’elle est mon Petit Prince. Androgyne à la nuque rasée. Visage pur, non maquillé. C’est un clone. Tant de lesbiennes ont l’air de Petit Prince, de nos jours. Lentement, j’approche une antenne… Je voudrais renifler. Avant, j’adorais l’odeur de
mon amante blonde au réveil. Je disais… une odeur de pain au lait doré. Le pain au lait du petit-déjeuner au lit des dimanches matin.
Maintenant, j’ai presque perdu l’odorat. Avant, ce que j’aimais le plus, c’était dormir avec la femme que j’aimais. Cette chaude intimité du lit. S’endormir en travers de son corps. Souvent la nuit nous séparait, par inadvertance. Dix fois par nuit, dans un demi sommeil, je la retrouvais. Une épaule, un mollet, un bout de fesse, me suffisait. Seulement la toucher, un contact, et je me rendormais. Le matin se réveiller dans son odeur. C’était le sentiment de sécurité suprême. L’odeur de ma mère, peut-être.

Extrait 2

Nous marchâmes longtemps le long de la plage. Les petits villages sur pilotis, et les pirogues à balanciers se succédaient. Carmen me tenait la main. Elle paraissait calme et ne parlait pas. Nous atteignîmes un bout de crique isolé. Seulement le bruit habituel et rythmé de la mer. Et les cigales. Elle s’allongea sur le sable, et m’attira sur elle. Ses lèvres étaient salées. Etaitce les larmes ou les embruns? L’amour fut un cri. Mais ce dont je me souviens surtout, c’est qu’il y avait du sang. Du sang de femme. Sur ses mains, et sur les miennes, sous la pleine lune. Sur nos ventres mêlés au sable qui collait.
Nous nous lavâmes mutuellement dans la mer tiède. Nous nageâmes ensemble. Nos corps Claire Sagnières glissaient l’un sur l’autre. Puis elle frissonna. Et je l’emmenai par la main jusqu’au rivage. Je l’essuyai avec ma chemise, et l’aidai à se rhabiller. Elle était comme hagarde. En rentrant vers la ville, nous suivîmes le chemin qui longeait la mer. Le vent soufflait fort. Il y avait une petite falaise qui surplombait la mer. Pas très haute. Non. Quinze mètres, peut-être. Elle marchait derrière moi. J’entendis un bruit de pierres. Je me retournai. Elle n’était plus sur le chemin.

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